Appel à communication – Entre monde mérovingien et monde carolingien

Proposition avant le 31 janvier 2027

Les 47e Journées internationales de l’AFAM, organisées à Vichy en octobre 2027, s’inscriront dans le prolongement des rencontres tenues à Bordeaux en 2026, consacrées aux sociétés en transition et aux dynamiques territoriales, funéraires et religieuses du premier Moyen Âge. Dans cette perspective, elles entendent proposer un changement de focale, en resserrant à la fois la chronologie et les objets d’analyse. L’attention portera plus spécifiquement sur la séquence comprise entre les VIIe et IXe siècles, à l’articulation entre monde mérovingien et monde carolingien, afin d’interroger les manifestations concrètes du changement à partir des sites, des stratigraphies, des architectures, des assemblages matériels, mais aussi des groupes et des individus engagés dans ces recompositions ou affectés par elles.

Cette séquence occupe une place singulière dans l’histoire du premier Moyen Âge. Souvent envisagée à travers les notions de transition, de mutation ou de rupture, elle demeure pourtant difficile à caractériser dans ses manifestations concrètes. Selon les régions, les types de sites et les catégories de vestiges considérés, les rythmes du changement apparaissent inégaux : certaines évolutions semblent précoces et nettement perceptibles, d’autres plus progressives, voire à peine saisissables. Plus qu’un simple basculement dynastique ou politique, le passage du monde mérovingien au monde carolingien invite ainsi à interroger les modalités matérielles, sociales et politiques d’une recomposition progressive des cadres de vie, des formes de pouvoir, des pratiques économiques et des rapports de domination.

L’archéologie, en dialogue avec les sources textuelles lorsqu’elles peuvent être mobilisées, offre de ce point de vue un champ d’observation privilégié. À travers l’analyse des sites, de leur organisation, de leurs formes bâties et de leurs assemblages mobiliers, elle permet de saisir au plus près les manifestations matérielles du changement. Encore faut-il s’interroger sur ce que ces indices donnent effectivement à voir. À partir de quels marqueurs peut-on identifier une éventuelle bascule ? Comment déterminer si les changements observés relèvent d’une évolution progressive des sites ou d’une véritable rupture dans leur occupation et leur usage ? Dans quelle mesure les assemblages mobiliers, les architectures ou l’organisation spatiale des sites permettent-ils réellement de documenter le passage entre deux séquences historiques, mais aussi les recompositions sociales et politiques qui l’accompagnent ?

Les communications attendues pourront ainsi porter sur les transformations des établissements et des formes de l’habitat, sur les reconfigurations des sites de pouvoir et des dispositifs de contrôle, mais aussi sur l’adaptation des structures économiques aux nouvelles logiques politiques et sociales. La continuité ou le renouvellement des productions artisanales, les mutations des circuits d’échange, l’évolution des pratiques monétaires, le rôle des centres de production, des espaces de stockage ou encore des infrastructures de communication et d’échange (ponts, ports, marchés…) pourront être interrogés à partir des données archéologiques. Les groupes et les individus engagés dans ces mutations pourront également être abordés, à travers l’évolution des rapports de domination et les changements dans l’identification des élites, perceptibles notamment par l’onomastique, la culture matérielle ou certains contextes privilégiés.

L’enjeu ne sera pas seulement d’identifier des changements, mais aussi de discuter les critères, les échelles et les outils d’analyse qui permettent de les qualifier, tout en réévaluant la portée des grands modèles historiographiques relatifs à la contraction ou à la recomposition des échanges durant le haut Moyen Âge.

Les propositions de communication porteront principalement sur l’espace mérovingien, tout en restant ouvertes, dans une perspective comparative, à des études issues de territoires voisins ou en contact, tels que l’Angleterre, l’Italie ou la péninsule Ibérique. L’objectif sera moins d’interroger la transformation des territoires au sens large que de réfléchir, à partir de dossiers archéologiques et historiques précis, aux formes concrètes, aux rythmes, aux marqueurs et aux acteurs du changement entre VIIe et IXe siècle.

Quelques communications et posters seront prévus afin d’aborder l’actualité régionale (Massif Central et territoires limitrophes).

Votre proposition est à soumettre avant le 31 janvier 2027 sur le formulaire en ligne suivant : Formulaire en ligne

ou bien via ce QR-Code

Comité d’organisation : Amélie Berthon, Pascale Chevalier, Damien Martinez et Laurent Schneider

Comité Scientifique :
Adrien Bayard (Université d’Artois)
Marc Bompaire (émérite CNRS – EPHE)
Luc Bourgeois (Université Caen-Normandie)
Isabelle Cartron (Université Bordeaux-Montaigne)
Thomas Fischbach (Archéologie Alsace)
Michel Lauwers (Université de Nice-Côte d’Azur)
Inès Leroy (FRS-FNRS Belgique – UCLouvain)
Reto Marti (Archäologie Baselland)
Inès Pactat (UMR 5608 TRACES)
Steffen Patzold (Université de Tübingen, Allemagne)